Intel a annoncé dans un tweet son premier processeur graphique distinct pour 2020.

Brian Krzanich avait annoncé la même chose la semaine dernière lors d’un événement pour analystes financiers.

Avec ce processeur graphique, Intel entend concurrencer NVIDIA et AMD sur deux marchés très lucratifs : les accélérateurs pour les data centres, l’informatique haute performance et l’intelligence artificielle d’une part, et les cartes graphiques pour les jeux vidéo d’autre part.

En novembre 2017, le fondeur avait débauché Raja Koduri, ingénieur en chef des technologies Radeon d’AMD, pour devenir Ingénieur en chef Intel et vice-président principal d’une nouvelle division : Core and Visual Computing Group, ainsi que directeur générale d’une nouvelle initiative pour l’informatique en bordure du nuage.

Plusieurs raisons incitent à la prudence.

Ce n’est pas la première fois que Intel travaille sur un processeur graphique distinct (i.e. non intégré à une autre puce, comme un microprocesseur), sans aucun succès jusqu’à présent. En 2009, Intel annonçait Larrabee pour 2010 comme GPU pour le grand public : huit ans après il n’y a toujours rien.

Même le GPU intégré des processeurs Intel est si mauvais qu’Intel a préféré conclure une alliance avec AMD pour intégrer la puce de ce dernier à des processeurs mobiles haut de gamme.

Sa ligne d’accélérateurs Xeon Phi n’a pas su s’imposer commercialement en 4 générations, quels que soient ses mérites techniques.

Même en supposant que le développement se passe pour le mieux, le calendrier est très agressif s’il s’agit de concurrencer frontalement NVIDIA et AMD sur le plan des performances : ces deux entreprises bénéficient de décennies d’expériences et continuent d’investir plus que jamais dans leurs plateformes.

Enfin, Intel est toujours incapable, après de nombreux retards, de produire des puces en 10 nm quand la concurrence commence à exploiter les process de fabrication en 7 nm : qu’en sera-t-il en 2020 ? Les processeurs graphiques Intel seront-ils fabriqués par TSMC?

Si l’on devait se hasarder à un pronostic, le futur processeur graphique sera en priorité orienté vers l’accélération de calculs, aura pour base Xeon Phi Knights Mill et l’apport principal de Koduri sera de développer des techniques pour que les performances dépendent moins des programmeurs et plus des compilateurs.