En trois décennies, Huawei est devenue l’un des principaux fournisseurs d’équipement des opérateurs télécom, aux dépens de concurrents comme Nokia et Ericsson, qui la soupçonnent d’avoir acquis des parts de marchés dans le monde entier en vendant à pertes. Certains États, dont la France, s’inquiètent des vols de propriété intellectuels dont sont victimes leurs grandes entreprises, au profit de la Chine.

En plus de l’importance économique de l’activité, elle est sensible, puisque les infrastructures télécoms d’un pays sont fondamentales à son fonctionnement.

L’entreprise chinoise, qui est l’objet de méfiance depuis des années, ferait à nouveau l’objet de critiques d’après le quotidien britannique The Telegraph, qui aurait eu accès à un brouillon du rapport annuel du Huawei Cyber Security Evaluation Centre (HCSEC), dans lequel il reprocherait à Huawei de ne pas avoir corrigé les manquements en cybersécurité déjà dénoncés dans des rapports précédents.

Le rapport précédent constatait notamment que *

« Les logiciels tiers critiques pour la sécurité, exploités dans une variété de produits, ne font pas l’objet d’un contrôle suffisant. » Et

« Le support à long terme des logiciels tiers, notamment les composants critiques pour la sécurité, sur diverses cartes de composant, va s’arrêter en 2020, alors que la date de fin de vie des produits de Huawei les contenant est largement postérieure. »

Le HCSEC appartient à Huawei et occupe des employés de l’entreprise comme des spécialistes techniques du National Cyber Security Centre, la branche du service du renseignement GCHQ en contact avec le public.

Fondé en 2010, sa mission est l’évaluation des produits et des logiciels de Huawei avant qu’ils soient installés au Royaume-Uni.

Depuis quelques mois, certains États ne cachent plus leur hostilité envers Huwai. En août 2018, l’Australie a interdit à l’entreprise chinoise de vendre sa technologie 5G dans le pays, suite à des rapports de ses agences de sécurité s’inquiétant des liens supposés entre l’entreprise et le gouvernement chinois.

Les États-Unis ont demandé en novembre l’extradition du Canada de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille de son fondateur, pour avoir ignoré l’embargo sur l’Iran.