Le 15 mars 2019, une attaque terroriste contre deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui coûta la vie à 51 personnes et en blessa 50, fut retransmission en direct et vue environ 4 000 fois avant d’être retirée.

Cet attentat a mis en évidence les torts que peuvent causer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne, et l’impossibilité de censurer la vidéo malgré les mesures prises pour la supprimer.

Hier, le 15 mai 2019, chefs d’État et dirigeants d’entreprises et d’organisations du numérique se sont réunis à Paris autour du président de la République française, Emmanuel Macron, et de la Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern. Ils ont adopté l’Appel de Christchurch à agir contre le terrorisme et l’extrémisme violent en ligne.

L’Appel de Christchurch engage les gouvernements et les entreprises du secteur de la technologie à éliminer les contenus terroristes et extrémistes en ligne.

La liberté d’expression, qui est fondamentale et doit être respectée, ne veut pas dire liberté de terroriser. Personne ne doit pouvoir créer ou partager des contenus terroristes ou extrémistes violents en ligne.

Comme d’habitude, les États-Unis n’ont pas souhaité se joindre à cette initiative, s’inquiétant pour la liberté d’expression, contrairement aux pays suivants : Allemagne, Australie, Canada, Commission Européenne, Espagne, France, Inde, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Jordanie, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni.

Ses entreprises numériques, ont-elles, largement répondu à l’appel : Amazon, Facebook, Google, Microsoft, Twitter, ainsi que les entreprises françaises Daily Motion et Qwant.

Dans un communiqué commun, les cinq entreprises américaines s’engagent à cinq actions individuelles : mettre à jour leurs conditions d’utilisation; établir un moyen pour leurs utilisateurs de signaler des contenus terroristes; investir dans la technologie de détection et de suppression de contenus terroristes; mieux contrôler les diffusions en direct; et de publier régulièrement un rapport de transparence.

Ainsi que quatre actions collectives : partage des technologies développées à travers l’industrie avec les gouvernements, les institutions non gouvernementales (NGO), les établissements de formation ; création d’un protocole commun de réponse, et coordination des équipes de réponses aux incidents ; éducation du public sur les enjeux, comment signaler les incidents et ne pas contribuer à la propagation de ces contenus en ligne ; et combattre la haine et la bigoterie en aidant les NGO et en finançant la recherche.