Alors qu’Apple a lancé une campagne de publicité « Ce qui se passe sur votre iPhone reste sur votre iPhone », il semblerait que ce ne soit pas le cas, ce qui est gênant quand la protection de la vie privée est le principal différentiateur mis en avant contre Google et Android.

D’après une enquête du Washington Post, avec le concours de Disconnect, une entreprise spécialisée dans la vie privée, de nombreuses entreprises, et notamment des entreprises de marketing et de publicité, reçoivent des informations jour et nuit de l’iPhone, y compris l’adresse de courriel, le numéro de téléphone, la géolocalisation exacte, et même une empreinte numérique qui permet d’identifier le téléphone.

Geoffrey A Fowler, en charge de la rubrique technologique, aurait découvert 5 400 traqueurs en une semaine, la plupart dans des applications mobiles.

D’après Disconnect, près de 1,5 Go de données personnelles aurait été exfiltré par ces traqueurs en un mois, ce qui représente la moitié du volume de données compris dans l’abonnement AT & T.

Dans leur malheur, les possesseurs d’iPhones seront heureux d’apprendre que l’application Privacy Pro de Disconnect, développée par un ancien de la NSA, permet d’en bloquer la plupart. Alors que Google interdirait l’application sur le Play Store…

En plus du viol de la vie privée que constituent ces traqueurs, et un outil de surveillance permanente, ils ont d’autres effets néfastes, tels que la consommation susmentionnée des quotas de données, et l’utilisation de la batterie.

Certains traqueurs seraient utilisés pour améliorer les performances, et d’autres pour s’assurer que les publicités fonctionnent.

Les traqueurs sont supposés être mentionnés dans les conditions d’utilisation, ainsi que les restrictions d’exploitations, mais la réalité montrerait qu’on ne peut pas en tenir compte.

Apple développe vraiment des technologies pour protéger ses consommateurs, comme on peut le voir avec son système d’anonymisation des attributions publicitaires dans Safari. Mais, et Apple y a bien contribué, nous passons de moins en moins de temps dans le navigateur, et de plus en plus dans les applications.

Espérons que cet article dans un quotidien de premier plan l’incitera à établir des règles plus strictes pour les applications.

Comme nous l’avons mentionné à de multiples reprises ces dernières années, ces traqueurs devraient être interdits, mais ni les législateurs, ni le pouvoir judiciaire ne bougent le moindre doigt pour protéger le consommateur et les citoyens, aux États-Unis comme en France ou ailleurs. Et pour cause, la vie privée ne semble pas intéresser le législateur, et le pouvoir judiciaire comme le pouvoir exécutif cherche à obtenir la plus grande latitude pour s’arroger les données personnelles des citoyens.

S’il est important de ne pas étouffer l’innovation avec des cadres réglementaires trop stricts, il est tout aussi important de protéger la vie privée des personnes, et de ne pas céder à un laisser-aller qui va se payer pendant des décennies, comme avec Facebook, Google ou les traqueurs.