L’ARCEP a mis en consultation publique jusqu’à mercredi 4 septembre les modalités d’attribution des fréquences de la 5G dans la bande 3,4 – 3,8 GHz et les obligations pour les candidats.

Cette bande est souvent identifiée comme la bande cœur de la 5G, car elle offre les meilleurs compromis entre facilité de pénétration à l’intérieur des bâtiments, portée et débit. La bande 700 MHz excelle sur les deux premiers critères, au prix d’un débit médiocre. La bande 26 GHz est exécrable sur les deux premiers critères, mais offre les meilleurs débits.

Bouygues Telecom et Free ont vivement critiqué le processus d’enchères des fréquences. Ils craignent de ne pas en obtenir assez, ce qui compromettrait leur compétitivité avec Orange et SFR sur la 5G.

Lors d’une conférence de presse à l’occasion des résultats trimestriels d’Iliad, Xavier Niel affirme :

« Le processus de l’ARCEP a été conçu pour nous détruire, Free ainsi que Bouygues Telecom. On est en train de refaire les bêtises de la 3G. »

Même son de cloche avec Didier Casas, le secrétaire général de Bouygues Telecom, qui estime que le processus d’enchères imaginé par l’ARCEP favorise les « gros » opérateurs au détriment des « petits ».

L’ARCEP innove en effet en proposant une attribution en deux parties au lieu d’une enchère unique: dans la première partie, un opérateur sélectionné obtient un bloc de fréquence de 40 MHz ou plus, à prix fixe, en échange d’engagements proposés. Quatre blocs au maximum seront ainsi attribués.

En deuxième partie, les opérateurs se disputent aux enchères des blocs de 10 MHz supplémentaires.

D’après les deux opérateurs contestataires, il faudrait que les blocs de première partie s’élèvent à au moins 60 Hz, ce qui serait le minimum pour offrir un service de qualité en 5G.

Or Orange et SFR disposent de moyens financiers beaucoup plus élevés que Free et Bouygues Telecom. Ils pourront donc se partager la plus grande partie des fréquences lors des enchères de deuxième partie.