En octobre 2019, après plusieurs tours éliminatoires durant lesquels Oracle et IBM, notamment, furent écartés, le département de la Défense des États-Unis (DoD) attribua JEDI (Joint Enterprise Defense Initiative), un énorme contrat de migration vers le nuage d’une dizaine de milliards de dollars sur dix ans, à Microsoft, et non à Amazon Web Services.

La décision ne plut pas du tout à Amazon, qui affirma que la décision était biaisée et influencée par le président Donald Trump, qui n’a jamais caché son inimitié pour Jeff Bezos, CEO d’Amazon.

En novembre 2019, Amazon contesta la décision du DoD et lança injonctions après injonctions contre Microsoft, et obtint un sursis à exécution qui bloque le projet jusqu’au 17 septembre au moins.

Mais vendredi 4 septembre 2020, le département de la Défense des États-Unis confirme qu’après une nouvelle évaluation exhaustive des propositions pour le JEDI Cloud, la proposition de Microsoft est toujours celle qui apport le plus de valeur au Gouvernement.

Sans surprise, le mauvais perdant Amazon reprend ses litanies contre l’injustice de la décision, et prétend que son offre aurait coûté des dizaines de millions de dollars de moins – un argument qui ne semble pas convaincant pour un contrat de dix milliards.

Pourquoi AWS court-elle après ce contrat avec tant d’acrimonie ? Sa valeur est certes élevée, mais pas au point d’être critique pour une entreprise dont le chiffre d’affaires atteint les 10,8 milliards de dollars au deuxième trimestre.

Il s’agit sans doute de la publicité qu’en retire le gagnant, et surtout que AWS est persuadé que « AWS est le leader incontesté du nuage informatique, et, par n’importe quelle mesure objective, possède une supériorité technologique. »

Revers de la médaille, si AWS finit par perdre ce combat, sa notoriété pourrait en pâtir et son autosatisfaction jugée démesurée. Et à tout le moins inquiéter tout lanceur d’appel d’offres sur des perspectives de contestations juridiques sur des (dizaines) d’années.