L’association VESA (Video Electronics Standard Association) s’est associée à son pendant pour mobile MIPI Alliance pour définir un nouveau standard de compression Display Stream Compression.

Les résolutions toujours plus grandes des moniteurs d’ordinateurs et des télévisions nécessitent des taux de transmission de données vidéo toujours plus élevés, ce qui devient problématique pour les interfaces internes comme externes.

Résolution

Fréquence
Hz
Bande passante
Gbps

DisplayPort
version minimale

1920×1080 (Full HD)

60

3,5

1.1

2560×1440

60

6,3

1.1

2840×2160 (4K)

60

14

1.2

7680×4320 (8K)

60

>50

1.3 + DSC

 

Notons que la version actuelle de DisplayPort est 1.2, et que la plupart des moniteurs et des télévisions ont très majoritairement des résolutions inférieures à 4K.

D’où l’idée de compresser les données avant de les transmettre. Il est impératif que cette compression, et la décompression correspondante, nécessitent très peu de moyens en matériel, c’est pourquoi les standards classiques comme MPEG-2 ou H.264 n’ont pas été retenus.

Après un appel à propositions en mai 2013, VESA retient un algorithme en modulation d’impulsion codée delta (DPCM), avec conversion de l’espace de couleur BVR vers YCoCg-R, supérieur au classique YCrCb du point de vue du taux de compression et de la conversion éventuelle sans perte. L’algorithme utilise ensuite un index de l’historique des couleurs.

Vue d'ensemble de DSC. Source: whitepapaer.

Vue d’ensemble de DSC. Source: whitepapaer.

Le DSC permettrait des taux de compression jusqu’à 66 % et il serait invisible à l’œil humain.

Nous regrettons toutefois que l’association n’ait pas choisi un algorithme de compression sans perte (où la décompression des données retourne exactement les données originelles), car il en existe qui approchent sans problème des 50 % de compression sans nécessiter de moyens importants.

Nous regrettons plus encore la langue de bois : l’utilisation de la terminologie « visually lossless », une contradiction dans les termes et une imposture intellectuelle. L’industrie devrait assumer le choix d’un algorithme avec perte.

Le problème des algorithmes de compression non réversibles est qu’ils sont testé pour des raisons de budget sur peu de personnes. Les affirmations de leur imperceptibilité se vérifient rarement à grande échelle. On peut citer notamment la compression sonore MP3, qui, à des taux de 192 ou 256 Kbps, voire plus élevés, est perceptible comme inférieure à un flux non compressé par une proportion non négligeable de la population.

Espérons donc que cette compression reste optionnelle.