Fin juin 2014, Amazon lançait en fanfare son premier smartphone, le fire PHONE.
Consécration de quatre ans de travail par plusieurs milliers d’employés, il devait révolutionner le secteur avec son interface 3d.
Disponible à partir de la fin juillet, les analystes prédisaient des ventes de plusieurs millions d’unités avant la fin de l’année.

Comme nous l’avions prévu cependant, il semble que ce téléphone ne se vende pas. AT&T refuse même de communiquer tout chiffre de vente. Et Amazon, pour tenter d’éviter la catastrophe, a baissé le prix du firePHONE à 0,99 $ avec un engagement de 2 ans chez AT&T, soit une baisse de 200 $.

Les raisons probables de l’échec n’ont pas changé :

– 650 $ pour un smartphone moyen tant sur le plan technique que sur le plan du design, c’est trop cher ;

– La ‘Dynamic perspective‘, avec ses effets de parallaxe, n’a pas séduit le public. Amazon n’a pas tenu compte des excès d’Apple, qui avait dû largement limiter les effets de parallaxe introduits avec l’iOS 7, puisqu’ils donnaient le mal de mer aux utilisateurs ;

– La navigation gestuelle par changement de l’orientation dans l’espace du téléphone, n’était ni nouvelle ni spécialement appréciée des utilisateurs ;

– Pourquoi acheter un smartphone sous Android pour se limiter volontairement à moins d’un millième de l’offre potentielle d’applis sur cette plate-forme ?

– Incompatibilité avec Bluetooth LE impardonnable ;

– Surchauffe et autonomie de batterie faible : deux problèmes désormais confirmés ;

Finalement, le problème principal est peut-être que ce smartphone est plus avantageux pour Amazon que pour ses clients. La facilité d’achat avec FireFly (on scanne un objet ou on reconnaît une chanson et on peut les acheter immédiatement sur Amazon), et le fait que le propriétaire de smartphone sacrifie encore plus sa vie privée à Amazon, qui sait tout.

La baisse de tarif suffira-t-elle à endiguer les ventes anémiques ? Nous en doutons.
Amazon apparemment pas, puisqu’elle lance prochainement le smartphone au Royaume-Uni et en Allemagne.

Il est vrai que la firme, valorisée à plus de 600 fois ses bénéfices, n’est pas pressée d’augmenter ses marges.