Alors que leurs CEOs respectifs s’échangeaient régulièrement des noms d’oiseaux sur Twitter, les actionnaires des opérateurs télécoms américains T-Mobile et Sprint se sont entendus pour l’acquisition du second par le premier pour 26 milliards de dollars, une transaction entièrement en actions.

La particularité de ces deux entreprises est qu’elles sont détenues par des capitaux étrangers : T-Mobile appartient à l’allemand Deutsche Telekom, et Sprint appartient au japonais SoftBank.

John Legere, le CEO dans le vent de T-Mobile, dirigera la nouvelle entité, qui s’appellera T-Mobile, aura 70 millions d’abonnés pour un chiffre d’affaires d’environ 74 milliards de dollars (61 milliards d’euros) et 240 000 employés.

Sur la base du prix des actions au 27 avril, sa valeur implicite combinée s’élève à 146 milliards de dollars, contre 59 milliards pour Sprint, respectivement 121 et 49 milliards d’euros.

Deutsche Telekom détiendra 42 % de la nouvelle entité (et 69 % des droits de vote), SoftBank en détiendra 27 % et le public 31 %.

Les économies de synergies totales sont évaluées à 43 milliards de dollars (35,6 milliards d’euros), pour l’essentiel une économie en fusionnant les deux réseaux et en décommissionnant 35 000 stations.

Il est fort probable que les autorités antitrust américaines refusent cette fusion, pour les mêmes raisons qui ont fait échouer le projet de fusion de 2014 : le passage de 4 à 3 opérateurs, les deux autres étant Verizon et AT & T.

Sprint et T-Mobile font valoir que la fusion serait bonne pour les États-Unis, la nouvelle entité investissant à profusion dans la 5G, plus rapidement qu’à deux réseaux séparés. 40 milliards d’investissements seraient prévus pour les trois prochaines années.

Un chiffre ambitieux : 46 % plus que les investissements combinés des deux opérateurs lors des trois dernières années.

D’autant qu’en acquérant Sprint, T-Mobile va hériter de 32 milliards de dollars (26,5 milliards d’euros) de dettes, pour un total de 60 milliards (49,7 milliards d’euros) …