Le cabinet d’études Gartner a, comme chaque année, publié son carré magique pour l’informatique en nuage, et plus particulièrement l’infrastructure en tant que service (IaaS). Toutefois, il ne se prive pas d’ajouter des critères comme les outils de gestion, les services de base de données et l’automatisation des tâches qui sont généralement classés sous la dénomination PaaS (plateforme en tant que service).

Sans surprise, Amazon (Amazon Web Services), Microsoft (Azure) et Google (Google Cloud) arrivent en tête. Ce sont les trois fournisseurs à « l’hyperéchelle », c’est-à-dire à une échelle globale, plusieurs ordres de grandeur supérieure à celle des concurrents.

Parce que les attentes des clients sont de plus en plus grandes, Gartner a éliminé huit fournisseurs de services présents dans l’édition 2017 : CenturyLink, Fujitsu, Interoute, Joyent, NTT, Rackspace, Skytap et Virtustream.

Leaders

Amazon Web Services (AWS)

AWS est le leader d’une catégorie qu’il a inventé, et le choix sûr. D’après Gartner, c’est le fournisseur le plus mature, et les clients peuvent compter sur plus de 2 000 entreprises de conseil et de gestion de services professionnels.

S’il est facile de commencer avec AWS, une expertise est nécessaire pour implémenter les services. Elle n’est pas toujours présente chez les partenaires AWS.

Microsoft Azure

Azure est un service mature qui croît très vite, déployé dans nettement plus de zones dans le monde que ses compétiteurs, et celui avec le plus de conformité avec les régulations.

Il bénéficie de l’énorme écosystème de partenaires de Microsoft, est ouvert, innovant, et sans doute le mieux placé pour le nuage hybride avec son offre Azure Stack.

Les déploiements à très grande échelle seraient parfois compliqués par le manque de compréhension technique de certaines des équipes de Microsoft, et parce que Microsoft a juste commencé à certifier les fournisseurs de services gérés (MSP).

Google Cloud

La force de Google Cloud est son investissement massif dans ses infrastructures et le savoir-faire de Google pour opérer des services informatiques à l’hyperéchelle. Son programme Customer Reliability Engineering est offert à certains clients, et leur permet d’apprendre comment opérer de la même façon fiable que les ingénieurs de Google.

La palette de services disponibles est largement inférieure à celle de ses concurrents, en particulier AWS et Azure, il est difficile de négocier des rabais sur plus d’un an, et certains éditeurs comme Oracle refusent que leurs logiciels tournent dans le Google Cloud.

 

Acteurs de niche

Alibaba Cloud

Alibaba Cloud est le numéro un en Chine, mais un nouvel entrant partout ailleurs. Sa puissance financière et sa capacité à développer un écosystème sont ses deux forces principales.

Le développement international a commencé tard, avec un portail pas entièrement traduit, et la disponibilité de différents services incertaine. La sécurité et la conformité aux régulations pourrait être un frein à son adoption.

Oracle

Oracle a commencé très tard, est toujours en train de déployer son infrastructure de seconde génération, et intéressera d’abord les clients qui veulent faire tourner des applications Oracle. Oracle a débauché des cadres et des ingénieurs des trois fournisseurs à l’hyperéchelle, et son plan de croissance serait réaliste.

Parmi les faiblesses, Gartner note la propension, qui ne devrait pas surprendre, de l’entreprise à utiliser des techniques de ventes à haute pression (audits logiciels, menaces d’augmenter drastiquement le prix des licences si elles sont utilisées chez un autre fournisseur), une offre très basique par son étendue, et un écosystème de partenaires tout juste naissant.

IBM Cloud et Softlayer

IBM intéressera surtout les clients cherchant des services de base d’infrastructure.

Ses atouts principaux sont sa capacité d’aider des clients avec une informatique ancienne (mainframes) à bénéficier graduellement des avantages du nuage informatique, sa présence locale avec un support local et une facturation dans la monnaie locale.

Le déploiement de son infrastructure de prochaine génération n’est en revanche pas terminé, l’offre est éparpillée et pas toujours disponible partout, et les interfaces de programmation (API) sont inconsistantes.