Le Top 500, le classement des superordinateurs dans le monde, a été officiellement mis à jour à l’occasion de l’ISC High Performance 2018, qui se tient à Francfort du 24 au 28 juin 2018.

Pour la première fois depuis novembre 2012, les États-Unis reprennent la tête du Top 500.

Summit, un superordinateur construit par IBM pour le Oak Ridge National Laboratory du Department of Energy (DOE), est numéro un avec une performance de 122,3 pétaflops sur la référenciation HPL (High Performance Linpack).

Summit est composé de 4 608 nœuds, chacun comprenant deux processeurs Power9 à 22 cœurs, et six cartes accélératrices NVIDIA Tesla V100. Les nœuds communiquent sur un réseau Mellanox dual-rail EDR Infiniband Network. Le système, qui tourne sous Red Hat Linux, est équipé de 10 pétaoctets de mémoire vive.

Summit va être utilisé pour des projets aussi variés que l’amélioration des soins pour les vétérans, la modélisation de la matière au cours des 13 milliards d’années de vie de l’univers, la structure électronique de systèmes de grandes molécules, l’étude au niveau atomique du moteur biologique ATP synthase, ou la vérification des hypothèses sur la désintégration bêta.

Le chinois Sunway TaihuLight, qui a dominé le classement pendant deux ans, passe en deuxième position avec sa puissance, inchangée depuis son début, de 93 pétaflops. Il a été développé par le Centre de recherche national de Chine en ingénierie de traitements parallèles et il est installé au Centre national de superordinateurs de Wixi.

Sierra est un nouvel entrant, appartenant au Lawrence Livermore National Laboratory, et se place directement en troisième position avec 71,6 pétaflops. Il est construit par IBM et ressemble à un Summit avec moins de nœuds.

Tianhe-2A, également connu comme Milky Way 2A, perd deux positions à la quatrième place, malgré une mise à jour par remplacement de ses accélérateurs Xeon Phi vieux de 5 ans par des coprocesseurs Matrix 2 000 faits maison. Ses performances passent de 33,9 à 61,4 pétaflops, alors que sa consommation énergétique n’augmente que de 4 %. Il a été développé par l’Université nationale de Chine pour la technologie de défense, et il est installé au Centre National de Superordinateur de Guangzhou.

Le cinquième superordinateur avec 19,9 pétaflops, AI Bridging Cloud Infrastructure, est également nouveau. Il est fabriqué par Fujitsu avec des processeurs Intel Xeon Gold à 20 cœurs et des accélérateurs NVIDIA Telsa V100. Il est installé au Japon à l’Institut national des sciences et technologies industrielles avancées.

Malgré les derniers développements, le déclin des États-Unis se poursuit, avec seulement 124 systèmes sur la liste, contre 145 il y a six mois.

La Chine ajoute 4 nouveaux superordinateurs, pour un total de 206 sur le classement.

En performances totales toutefois, les États-Unis contribuent à 38,2 % des performances agrégées contre 29,1 % pour la Chine : une inversion par rapport à il y a six mois.

Les autres pays proéminents sont le Japon, 36 systèmes, le Royaume-Uni, 22 systèmes, l’Allemagne, 21 systèmes, et la France 18 systèmes.

Pour la première fois, la puissance totale des superordinateurs de la liste dépasse l’exaflop, avec 1,22 exaflop, contre 845 pétaflops en novembre 2017.

NVIDIA domine complètement le marché des cartes accélératrices, en équipant 96 % des superordinateurs.

Ethernet, 10G ou plus rapide, s’impose comme la technologie de réseau avec la moitié des superordinateurs.

Pour la première fois, le fabricant numéro un de systèmes haute performance n’est pas américain. Il s’agit du chinois Lenovo avec 122 systèmes, suivi de HPE, 79 systèmes, Inspur, 68 systèmes, Cray, 56 systèmes, et Sugon, 55 systèmes.