Dans le scandale Cambridge Analytica, Facebook ne va finalement peut-être pas s’en sortir juste avec quelques séances de questions – réponses devant des élus, durant lesquelles son patron Mark Zuckerberg esquive toutes les questions gênantes.

Le Washington Post rapporte que l’implication des autorités américaines est plus large qu’il n’y paraît.

Le Département de la Justice des États-Unis (DOJ) enquêterait ainsi avec le FBI, la SEC et la FTC sur les deux entreprises, et le partage illégal d’informations personnelles ayant affecté 71 millions d’Américains, sans compter quelques dizaines d’autres millions d’utilisateurs de Facebook d’autres nationalités.

De nombreuses questions restent en suspens.

Facebook découvrit en 2015 que Cambridge Analytica, qui travailla plus tard avec la campagne présidentielle de Donald Trump, obtint des données de Facebook pour la création de profils de d’électrices et d’électeurs.

Pourtant, ce n’est que contrainte et forcée par la publication prochaine de révélations dans la presse que Facebook a fini par dévoiler l’affaire au public en mars 2018.

Le DOJ et les agences fédérales veulent savoir ce que Facebook savait déjà en 2015, et pourquoi elle n’a alors prévenu ni ses utilisateurs, ni ses actionnaires. Ils s’intéressent en outre aux nombreuses divergences depuis.

D’après David Vladeck, professeur de droit à l’université de Georgetown et ancien directeur de section de la FTC, la combinaison des agences impliquées est un signal d’alarme pour le réseau social.

Facebook a accusé le professeur Alexsandr Kogan et Cambridge Analytica d’avoir enfreint le contrat d’utilisation des données personnelles recueillies à l’aide d’une application de jeu pédagogique, puisque ces données ne devaient être exploitées qu’à titre académique.

Mais Kogan comme Cambridge Analytica ont affirmé qu’ils n’ont rien fait de mal, que de nombreuses personnes utilisent les mêmes interfaces de programmation de la même manière, et que Kogan a obtenu l’autorisation de partager les données quand il a changé les conditions d’utilisation de l’application en changeant sa finalité d’académique à une exploitation commerciale plus large. Il aurait également informé Facebook du changement des conditions d’utilisation.

En mars, le cours de l’action de Facebook a perdu 13 % suite aux révélations, mais il a repris depuis.

Potentiellement, le DOJ et le FBI pourraient traduire Facebook devant les tribunaux au pénal ou au civil.

La SEC pourrait punir le réseau social pour ne pas avoir informé ses actionnaires.

La FTC pourrait l’accuser de ne pas avoir respecté le jugement convenu de 2011 sur les informations personnelles, ce qui pourrait l’exposer à une amende de plusieurs milliards de dollars.

En Europe, les politiciens se sont satisfaits d’une farce grotesque, Zuckerberg pouvant choisir à sa guise de répondre ou non aux questions des députés du Parlement européen.