Activision Blizzard, l’un des premiers éditeurs de jeu vidéo dans le monde, vient de publier ses résultats pour le quatrième trimestre 2018.

D’une année sur l’autre, son chiffre d’affaires augmente de 16 % à 2,38 milliards de dollars (2,11 milliards d’euros), et son résultat d’exploitation triple à 694 millions de dollars (614 millions d’euros), notamment grâce à une réduction du coût des activités vente & marketing.

 

Sur l’ensemble de l’année 2018, son chiffre d’affaires progresse de 7 % à 7,50 milliards de dollars, et son résultat d’exploitation augmente de 52 % à 1,99 milliard de dollars – respectivement 6,64 milliards d’euros et 1,76 milliard d’euros.

Une année record. Le groupe annonce une augmentation de 9 % de son dividende et un plan de rachat d’action de 1,5 milliard de dollars.

Dans ces conditions, l’annonce de la suppression de 8 % de son personnel, soit presque 800 postes, apparaît d’autant plus cruelle. D’autant que les employés de Blizzard ont déjà perdu leur CEO, Mike Morhaime, après 27 ans, et ont vu leurs bonus annulés, ce qui en ferait parmi le personnel le moins bien payé de l’industrie.

Par division* :

2018 (millions de dollars)

Activision Blizzard

King

Chiffre d’affaires

2 458

2 291

2 086

Croissance 18/17

-6,5 % 7,1 %

4,4 %

Résultat d’exploitation

1 011

685

750

Croissance 18/17

0,5 % -3,8 %

7,1 %

 

Pour 2019, le groupe veut se concentrer sur ses meilleures franchises, pour lesquelles le nombre de développeurs devrait au total augmenter de 20 % : Call of Duty, CandyCrush, Overwatch, Warcraft, Hearthstone et Diablo.

Le chiffre d’affaires devrait chuter de 1,5 milliard de dollars, car aucun nouveau lancement de jeu n’est prévu, et parce que le partenariat avec Bungee, le développeur de Destiny, est annulé par Bungee, qui retient toute la propriété intellectuelle.

Il nous semble que, si sur le papier, les résultats sont bons, et salués par une augmentation du cours de l’action de 6 %, Bobby Kotick, CEO d’Activision Blizzard, pourrait finir par payer son avidité par le départ des plus grands talents, et le mécontentement de ses clients, qui finira peut-être par se traduire par une baisse des ventes.

Cest sa division, Activision, qui décroit, et qui est désormais presque entièrement dépendante du succès de sa franchise Call of Duty.

 

* Il y a des revenus interdivision ; une quatrième division est décrite comme « non isolable ».