Uber a déposé son dossier S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), première démarche d’une introduction en Bourse (IPO).

Ce dépôt intervient deux semaines après l’introduction en Bourse de son rival Lyft.

La prochaine étape est l’annonce d’un prix de mise sur le marché de son action, puis l’introduction proprement dite, vraisemblablement en mai, sur le New York Stock Exchange (NYSE) avec le symbole UBER.

Ses conducteurs sont susceptibles d’obtenir une prime après l’IPO : de 100 $, 500 $, 1 000 $ ou 10 000 $ pour ceux qui auront complété avant le 7 avril, 2 500, 5 000, 10 000 ou 20 000 courses, les ajustements éventuels pour les conducteurs hors États-Unis n’étant pas précisés.

Les actionnaires principaux de Uber sont :

  • SB Cayman 2 (SoftBank Vision Fund), 16,3 % des parts ;
  • Benchmark Capital Partners, 11 % ;
  • Travis Kalanick, cofondanteur et ancien CEO, 8,6 % ;
  • Garrett Camp, cofondateur, 6 % ;
  • Public Investment Fund, fonds souverain de l’Arabie Saoudite, 5,3 %. Ce pays est également le principal bailleur de fonds du SoftBank Vision Fund ;
  • Alphabet, 5,2 %.

L’entreprise met en valeur son réseau massif, sa technologie de pointe, son excellence opérationnelle et son expertise produit pour ses activités de mobilité personnelle, Uber Eats (livraison de nourriture à domicile), et Uber Freight (fret).

Uber, qui a perdu plus de 13 milliards de dollars depuis son lancement en 2009, rapporte un chiffre d’affaires en 2018 de 11,27 milliards de dollars, en hausse de 42 % par rapport à 2017, et un résultat net de 997 millions, contre une perte de -4 milliards de dollars en 2017.

À y regarder de près, il s’agit plus d’un artifice de comptabilité : son EBITDA pour 2018 s’élève à -1,85 milliard de dollars, et hors ‘autre revenu’ (gain sur un désinvestissement + gains non réalisés sur placements), sa perte nette se serait élevée à -3,996 milliards de dollars…

Parmi les très nombreux risques mentionnés dans le prospectus, on retiendra surtout le statut des conducteurs (employé ou indépendant), débattu internationalement, la compétition, les dépenses d’exploitation, la perception de la marque, et le fait que la vente de ses activités chinoises en 2016 à Didi Chuxing contre une participation de 20 % dans son compétiteur, n’a toujours pas été approuvé par les l’autorité de marché chinoise…