Des agents du FBI (Federal Bureau of Investigation) et du ICE (Immigration and Customs Enforcement, agence de police douanière et de contrôle des frontières du département de la Sécurité intérieure des États-Unis) ont transformé les bases de données de permis de conduire des États en une mine d’or pour la reconnaissance faciale, en scannant des millions de photographies d’Américains sans qu’ils en aient connaissance, et sans leur consentement, affirme le Washington Post.

Presque tous les habitants des États-Unis possèdent un permis de conduire, et sont donc enregistrés dans le DMV (Department of Motor Vehicles) de leur État. La plupart n’ont pas de casier judiciaire.

Ni le Congrès, ni les législations des États n’ont autorisé le développement d’un tel système de surveillance massive basé sur la reconnaissance faciale, un outil peu fiable et dangereux.

Malgré cela, le FBI exploite ces bases de données de photographies depuis au moins 2011. Il a effectué depuis plus de 390 000 recherches faciales.

Certains États permettent aux résidents illégaux, et même promeuvent, l’obtention d’un permis de conduire tant qu’ils réussissent les tests et prouvent leur lieu de résidence.

La révélation que les photos des permis de conduire sont exploitées par le FBI et ICE pourrait les démotiver, et apparaître comme un abus de confiance.

Seulement 21 États autorisent les agences fédérales à scanner les photographies des conducteurs et des conductrices. La plupart du temps, cette autorisation est assortie de critères stricts pour leur exploitation, notamment qu’elle est critique pour une enquête criminelle.

Le FBI affirme que la précision de son système est 86 %, ce qui est contesté par les défenseurs des libertés civiles, en particulier quand le système ne retourne que quelques résultats.

Les erreurs de reconnaissance posent un risque de mauvaise identification et de mauvais arrêts, alors que la qualité de la reconnaissance dépend de nombreux facteurs, et que, statistiquement, elle est inférieure pour les personnes à la peau sombre.