Seven-Eleven, la deuxième chaîne de supérettes au Japon avec 21 000 établissements, a lancé lundi dernier 7pay, son application mobile de paiement.

Deux jours après, l’entreprise reconnut que, d’après les retours de ses clients, des dépenses non autorisées furent facturées sur les comptes des victimes, et dans d’autres cas, des achats non autorisés furent effectués, et payés avec des fonds ajoutés au compte avec la carte de paiement liée.

Au total, jeudi dernier, le préjudice pour près de 900 victimes s’élevait à 55 millions de yens (452 000 euros), et Seven-Eleven bloqua la possibilité d’ajouter de l’argent à son compte, suspendant de facto le service de paiement.

Deux personnes de nationalité chinoises furent arrêtées par la police de Tokyo pour avoir frauduleusement acheté pour 730 000 yens (6 000 euros) de cigarettes. Elles affirmèrent avoir reçu les informations pour gagner un accès non autorisé à un compte 7Pay par weChat, une messagerie mobile populaire en Chine: la police suspecte que Seven-Eleven est victime d’une organisation criminelle internationale.

On pourrait reprocher à Seven-Eleven d’avoir lancé son service de paiement alors même que son application n’était pas compatible avec l’authentification à double facteur.

PayPay, un service concurrent opéré par une entreprise commune entre SoftBank et Yahoo Japan, fut également piraté en décembre dernier, après une campagne majeure de promotion.

Dans ces conditions, les spécialistes craignent que les Japonais perdent confiance dans les services en ligne de paiement, alors que le Gouvernement souhaite que 40 % au moins de tous les paiements soient dématérialisés pour la mi 2020, juste avant les Jeux Olympiques de Tokyo. Le taux de dématérialisation des paiements au Japon est l’un des plus faibles du monde, les Japonais étant attachés à l’argent liquide.