Comme nous l’avions alors rapporté en février 2017, Waymo, l’ancienne unité de Google pour les voitures autonomes, devenue une entreprise indépendante, filiale d’Alphabet, intenta une action en justice contre Otto, la jeune pousse de camions autonomes, cofondée par Anthony Levandowski, et rapidement acquise par Uber, l’accusant de voler la conception propriétaire de son circuit intégré Lidar.

Le Lidar, ou télédétection par laser, est une technologie clé des véhicules autonomes. Il permet de détecter les obstacles et les piétons jusqu’à quelques dizaines de mètres d’un véhicule.

Levandowski est un ancien employé de l’unité des véhicules autonomes de Google, parti en janvier 2016. Il cofonda Otto en février 2016, que Uber racheta en août 2016. Il devint alors son son vice-président de la technologie des véhicules autonomes.

Google découvrit par hasard qu’avant de partir pour Otto, Levandowski eut téléchargé 14 000 fichiers hautement confidentiels, d’une taille totale de plus de dix gigaoctets, et notamment la conception du circuit imprimé Lidar.

Après une première défaite judiciaire majeure contre WayMo, Uber finit par trouver un accord à l’amiable (très coûteux) avec WayMo, et renvoya Levandowski, qui, quelques mois plus tard, lança une nouvelle jeune pousse d’aide à la conduite automobile : Pronto.ai.

Mardi, le département de la Justice des États-Unis a accusé au pénal Levandowski, 39 ans, de 33 chefs d’accusation de vols et de tentatives de vol de la propriété intellectuelle de Google, se référant aux téléchargements de ce dernier.

S’il est jugé coupable, il risque une peine de 10 ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars, plus restitution, pour chaque chef d’inculpation.

Levandowski a payé une caution de 2 millions de dollars. Il est placé sous surveillance électronique. Il a été inculpé par un grand jury fédéral de San Jose, Californie, le 15 août 2019, une inculpation rendue publique mardi.