Microsoft remporte le contrat Joint Enterprise Defense Infrastructure (JEDI) du département de la Défense des États-Unis, d’un montant de 10 milliards de dollars (9 milliards d’euros) sur dix ans.

La mission est d’aider l’armée américaine à moderniser son informatique en lui construisant et en opérant son propre nuage informatique, en particulier pour l’infrastructure en tant que service (IaaS) et la plateforme en tant que service (PaaS).

Ce contrat fait l’objet de nombreuses contestations depuis quelques années, certains compétiteurs comme Oracle mettant en cause l’impartialité et le respect des règles de la passation de marchés publics.

Il s’agit du plus grand contrat militaire d’informatique attribué à ce jour.

Les principaux compétiteurs étaient Amazon Web Services, Microsoft Azure, Oracle et IBM.

L’attribution du contrat risque de continuer à être contestée.

Officieusement, AWS était le favori, parce qu’il avait déjà remporté un grand contrat avec la CIA en 2013. Et certains se demandent si Trump a influencé l’attribution du marché, car il déteste Jeff Bezos, le CEO d’Amazon et le propriétaire du quotidien Washington Post. Ce qui serait illégal.

Sans surprise, c’est ce que laisse entendre le Washington Post dans un article à ce sujet.

Il semblerait qu’Amazon évalue ses options de contestation. Pour maximiser ses chances, l’entreprise avait décidé de construire un deuxième siège social à quelques kilomètres du Pentagone.

Pour d’autres, la victoire de Microsoft est logique. Parce que l’entreprise est la seule à avoir développé des technologies pour l’infrastructure informatique privée, et qu’avec Azure Stack, il est possible d’auditer la reproductibilité d’Azure sans avoir à se baser sur des hypothèses sur son environnement.

Microsoft possède une certaine expérience avec le nuage pour le gouvernement : l’entreprise lui consacre deux régions spéciales : Azure Government et Azure Government Secret, cette dernière étant spécialement dédiée à la sécurité nationale. Elle est en passe d’obtenir la plus haute habilitation de sécurité américaine.

Seul un milliard de dollars est effectivement attribué, et le ministère de la Défense peut interrompre le contrat avant dix ans.

Pour Microsoft, qui, avec Azure, est numéro deux du nuage sur le critère de l’IaaS, et numéro un si l’on comptabilise les logiciels en tant que service (SaaS), il s’agit d’une victoire de taille, autant pour le prestige et la validation de sa qualité, que pour le montant considérable du contrat, et les nouvelles portes qu’il ouvre auprès des agences fédérales et des organisations publiques aux États-Unis.