Larry Page, qui fonda Google avec Sergey Brin lorsqu’ils étudiaient à Stanford il y a vingt et un ans, démissionne avec effet immédiat de son poste de CEO d’Alphabet, conglomérat et maison mère de Google, lancé en pour séparer Google des « autres paris », et Sergey Brin démissionne de son poste de président.

Page est remplacé par Sundar Pichai, qui est déjà CEO de Google, et cumulera les deux postes, gérant en plus les autres paris.

Aucun nouveau président n’a été annoncé.

Officiellement, il s’agit de marquer le passage à l’âge adulte de la compagnie, et ce serait le bon moment pour simplifier la structure de direction de l’entreprise – bien que l’on n’annonce pas la suppression d’Alphabet, une structure critiquée depuis sa création en octobre 2015.

Pour ses concurrents, le motif de la démission est tout autre. Il s’agirait de la réponse de deux fondateurs d’un monopole aux questions antitrust posées à nouveau à travers le monde à Google, et donner l’apparence d’une retraite, afin d’éviter l’examen à la loupe dont les entreprises de technologie avec un culte du chef font ou ont fait l’objet – Facebook et Microsoft – et que Google a réussi à éviter jusqu’à présent.

Car si officiellement Larry Page abandonne tout rôle dans la gestion au jour le jour du groupe, il n’est nullement fait état de vente d’actions ou de renonciation au contrôle d’Alphabet et de Google grâce à des actions à droits spéciaux. Les deux fondateurs sont toujours les deux premiers actionnaires d’Alphabet, et conservent leur poste de directeur.

Ils s’appuient ainsi sur l’expérience de leur ancien CEO Eric Schmidt, qui avait compris comment les autorités antitrust pouvaient faire flancher un géant, et qui devint sans doute le principal agitateur dans le combat antitrust entre les États-Unis et Microsoft.