Google concrétise petit à petit sa vision de « privacy sandbox» (bac à sable/isolation de la vie privé ) annoncée en août 2019, et dont l’objet est officiellement la protection de la vie privée du surfeur sur la toile, avec la suppression des cookies tiers et des agents utilisateurs pour Chrome.

Comme Chrome détient actuellement 65 % de parts de marché, cela revient de facto à changer la toile.

Agent utilisateur

Depuis le premier navigateur à succès, Netscape, un navigateur web envoi au serveur contacté une chaine de caractères décrivant l’agent utilisateur, c’est-à-dire le navigateur, son engin de rendu, et sur quel système d’exploitation.

Le serveur peut ainsi adapter ses réponses en fonction de l’agent : une version condensée s’il est sur mobile, une version spéciale si le navigateur est incompatible avec telle ou telle fonctionnalité.

Malheureusement, les entreprises n’ont pas tardé à dévoyer ce système à des fins publicitaires, en exploitant des informations au détriment de la vie privée de la surfeuse ou du surfeur.

D’ici Chrome 85, prévu pour septembre 2020, l’agent utilisateur renvoyé par Chrome sera ultra-générique, permettant tout juste de distinguer un navigateur sur le bureau d’un navigateur sur un appareil mobile.

La solution de Google s’appelle « client hints », ou indices sur le client. Un système qui permet de poser des questions sur l’utilisateur, tout en, théoriquement, préservant sa vie privée.

Cookie tiers

Un cookie est une suite d’informations envoyée par un serveur web à un navigateur, qui est sauvegardé localement, et qui est retourné à chaque fois que le serveur le demande.

Ce qui permet de conserver des données utilisateurs entre deux sessions, afin de faciliter la navigation et de permettre certaines fonctionnalités.

Là encore, ce témoin de connexion a été dévoyé à des fins publicitaires, pour traquer l’internaute où qu’il soit ou quel que soit l’appareil qu’il utilise pour surfer sur la toile.

En particulier les cookies tiers : quand on se promène sur de très nombreux sites, des entreprises comme Facebook en sont informées. Quand on clique sur une publicité sur un site, des entreprises tierces de marketing en sont informées.

Par défaut, dans deux ans, les sites ne pourront plus, théoriquement, obtenir l’identité d’un surfeur, ni de le pister sur plusieurs visites, sur Google Chrome.

Là encore, la solution de Google est le système des client hints.

En principe, il pourrait s’agir d’une avancée pour tout le monde, avec une vie privée enfin préservée.

Numéro un de la publicité numérique

Toutefois, on ne peut être que très méfiant envers Google, numéro un de la publicité numérique dans le monde, qui a largement profité de tous les abus des uns et des autres, sans compter les siens.

L’entreprise affirme qu’il est possible de concilier vie privée et publicité.

Si c’est si simple que cela, pourquoi l’entreprise, qui a plus de 20 ans, ne l’a-t-elle pas effectué auparavant ?

Et pourquoi Google développe ce genre de technologies dans son coin, au lieu de rechercher une solution universelle compatible avec tous les navigateurs ?