IBM a confirmé officiellement la vente de sa division System X à Lenovo, comme nous vous l’avions annoncé.

Les produits concernés sont System x, BladeCenter, les serveurs lames et commutateurs Flex System, les systems intégrésFlex à base de x86, les serveurs NeXtScale et iDataPlex servers ainsi que les logiciels, services et opérations de maintenance associés.

La nouvelle génération de serveurs System x IBM Lenovo?

La nouvelle génération de serveurs  IBM Lenovo?

IBM conservera ses activités mainframe, Power Sysems, Storage Systems, les serveurs Flex à base de Power, et les appareils PureApplication et PureData.

La transaction sera de 2,3 milliards de dollars, soit nettement moins que les 5 à 6 milliards espérés l’an dernier.

Lenovo devrait garder la plupart des 7500 employés. Elle devrait en parallèle revendre d’autres produits IBM complémentaires, comme les solutions de stockage disque Storwize, les systèmes de stockage sur cassettes, et des logiciels comme Systems Director.

Avec cette acquisition, Lenovo veut reproduire le succès du rachat des activités PC d’IBM en 2004. En 2013, Lenovo devenait numéro un mondial des ordinateurs personnels.

IBM a contrario voulait se débarrasser de cette activité à faibles marges de serveurs à base de processeur x86 pour se concentrer sur ses activités cloud, le Big data et sa nouvelle division Watson, spécialisée dans l’informatique cognitive et la réponse à des questions en langage naturel.

Notre analyse

IBM a choisi un partenaire commercial éprouvé et rassurant pour racheter cette activité à faible marge. Si ses autres divisions logicielles et stockage gagnent en indépendance, elles perdent à moyen terme une porte d’entrée dans nombres d’entreprises.

À la vente de ses activités PC, IBM avait su profiter avec un succès considérable de l’industrie de services naissante autour de Linux.

Cette fois-ci, elle parie sur le cloud et sur Watson. Ce qui sera probablement plus compliqué. Alors qu’il n’y avait pas vraiment de concurrence de taille sur le marché Linux, IBM n’est pas leader sur le cloud et devra se battre contre des adversaires redoutables comme Amazon Web Services et Windows Azure.

Si les capacités de Watson sont spectaculaires, les résultats financiers sont pour l’instant insignifiants, avec un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars seulement en trois ans. Le faire croître à dix milliards annuels, en 2023, comme le souhaite la PDG Ginni Rometty semble difficile.

Pour sa part, Lenovo prend un risque en entrant dans un secteur compétitif à faibles marges, que Hewlett Packard et Dell auront à cœur de défendre. La demande en serveurs x86 dans les entreprises est en forte baisse, tandis que la demande dans les data centers pour le cloud croît. Si Lenovo réitère le succès de l’acquisition des activités PC, elle deviendra un puissant cas d’école.