Comment quadrupler sa mise…

L’introduction en bourse ratée de Facebook a marqué les esprits des dirigeants de start-up, qui ont accru le contrôle des ventes secondaires de leurs actions, utilisant notamment leur droit de préemption.

Uber, la start-up qui développe les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) au grand désespoir des taxis, semble dangereusement à la limite de la légalité. Ce qui n’étonnera pas au vu des questions qui se posent sur la légalité de son activité dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis*.

Fortune mentionne le cas d’un employé de la firme qui avait trouvé, il y a deux mois un acheteur pour une partie de ses actions à 200 $ l’unité.

Quand son agent a tenté de terminer la transaction, Uber a refusé et a lui proposé un rachat à 135 $ l’action, soit au niveau de valorisation de la firme plus de 8 mois auparavant à 4 milliards de dollars, lors de l’entrée de Google Ventures et TPG Capital en juillet 2013.

L’employé apprit alors qu’Uber avait changé ses statuts il y a plus d’un an pour limiter les ventes secondaires non approuvées.

 

… en toute impunité

Ce changement de statut s’applique-t-il à tous les actionnaires ou uniquement aux entités devenues actionnaires après le passage des nouveaux statuts ? Les spécialistes de la loi du Delaware se disputent sur ce point, et tant qu’il n’y aura pas de procès pour le tester, il restera flou.

Il se trouve que la firme était en train de négocier une nouvelle entrée au capital qui la valorisait à 18 milliards de dollars. Si elle ne pouvait être Sûre de la valorisation exacte, la firme savait pertinemment que la valorisation était largement plus haute que 4 milliards.

Elle forçait donc ses employés à lui revendre des actions à un cours qui lui permettait de gagner instantanément plus de quatre fois sa mise.

Cela semble éthiquement injustifiable. L’entreprise parie juste que personne n’osera lui faire de procès. Quelle autre start-up voudrait avoir pour actionnaire celui qui a intenté une action en justice contre une autre start-up ? Pour la même raison, toutes les personnes interrogées par le magazine économique américain ont exigé l’anonymité.

 

Les chauffeurs d’Uber se retournent contre la firme

* Aux États-Unis par exemple, les conducteurs se sont retournés contre la firme pour trois raisons. En premier lieu elle avait introduit une nouvelle clause dans son contrat qui empêchait les conducteurs de s’allier dans une procédure contre Uber. Un juge a décidé que les conducteurs avaient le droit de refuser cette clause, et a refusé la requête d’Uber de rejet de la demande.

En deuxième lieu elle communique à ses clients que le service est compris et qu’il n’y a pas lieu de donner de pourboire au conducteur.

Enfin, les conducteurs accusent Uber de les catégoriser à tort comme des contracteurs indépendants pour leur faire payer ce qu’elle devrait payer, notamment l’entretien des véhicules et l’essence.

Et Uber doit faire faire à 12 autres procès aux États-Unis.