Dans une déclaration réglementaire envoyée à l’Autorité des marchés financiers (AMF), Vivendi annonce qu’elle a franchi le seuil des 15 % de droit de vote d’Ubisoft Entertainment, soit 17,73 % du capital et 15,66 % des droits de vote.

Vivendi n’envisage pas de déposer une offre publique sur l »éditeur de jeux vidéo, ni d’en prendre le contrôle.

L’entreprise souhaite toutefois obtenir des sièges au conseil d’administration. Une stratégie agressive typique de Vincent Bolloré, déjà utilisé pour Vivendi, puis Telecom Italia où il a obtenu la démission du PDG et quatre sièges avec moins de 25 % du capital.

La famille Guillemot qui contrôle Ubisoft et qui possède cinq des neuf sièges du conseil d’administration, n’entend pas céder. Depuis la première prise de participation de Vivendi dans Ubisoft en octobre 2015, elle n’a pas caché son antipathie pour le groupe et son désir de rester indépendante.

En février 2016, Vivendi avait déjà lancé une OPA inamicale sur Gameloft, le premier éditeur de jeux vidéo pour appareils mobiles dans le monde, également contrôlé par la famille Guillemot.

Le 28 avril 2016, Gameloft informait l’AMF d’une nouvelle disposition, une pilule empoisonnée présentée comme une mesure de rétention du personnel clé, avec le versement de 10,2 millions d’euros à 27 salariés au cas où un changement de contrôle se produirait.

Le 29 avril, Ubisoft créait la nouvelle position d’administrateur principal indépendant.

Dernièrement, l’éditeur a connu un énorme succès avec la nouvelle franchise Tom Clancy’s The Division, avec plus de 330 millions de dollars (287 millions d’euros) de chiffre d’affaires lors de la première semaine de vente.