Le cow-boy de la Bourse de Paris, Vivendi, s’illustre encore cette semaine par ses procédés cavaliers.

En avril 2016, Vivendi et Mediaset avaient conclu un partenariat stratégique et industriel, pour développer une offre de télévision payante sur Internet, afin de pouvoir contrer l’américain Netflix.

Dans le cadre de l’accord, Vivendi devait échanger 3,5 % de son capital contre 3,5 % du capital de Mediaset, le conglomérat médiatique italien de Silvio Berlusconi, et 100 % de Mediaset Premium, la plateforme de télévision payante déficitaire aux 2 millions d’abonnés.

Finalement, Vivendi a décidé le 26 juillet de changer unilatéralement les termes de l’accord : un échange de 3,5 % de son capital contre 3,5 % du capital de Mediaset et 20 % du capital de Mediaset Premium, plus une émission par Mediaset d’obligations convertibles en actions Mediaset au profit de Vivendi, par échéances annuelles successives. Jusqu’à 15 % en trois ans selon Mediaset.

Un changement qui serait justifié par la découverte par Vivendi de prévisions de croissance de Mediaset Premium en deçà des espérances.

De son côté, Mediaset affirme qu’Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, aurait affirmé oralement que le groupe n’avait aucune intention d’honorer l’accord, pourtant engageant.

Pour le groupe italien, il n’y a aucune négociation actuelle entre les deux partenaires, et Vivendi avait tout loisir d’analyser les résultats et les hypothèses de travail avant même de signer l’accord.

Dans un entretien avec le quotidien Les Échos, Marco Giordani, le directeur financier de Mediaset a menacé de poursuivre Vivendi devant la justice, au civil, voire au pénal. Comme la confiance est rompue, Mediaset n’envisage plus de participer au projet de Netflix de sensibilité d’Europe du Sud de Vivendi.

Vivendi menacerait à son tour de poursuivre le groupe italien pour diffamation.