D’après le New York Times, plus de 3 100 employés de Google, qui en compte 70 000, auraient signé une Lettre de protestation, adressée à leur CEO Sundar Pichai, pour protester contre la participation de leur entreprise à un projet du Pentagone, nom de code Project Maven, exploitant l’intelligence artificielle pour améliorer le ciblage des attaques par drones.

Ils affirment que Google ne devrait pas être impliquée dans les affaires de la guerre.

D’abord parce que cela pourrait porter définitivement atteinte à son image, et sa capacité à recruter des talents.

Ensuite parce que « nous ne pouvons pas sous-traiter la responsabilité morale de nos technologies à des tiers. »

D’après un porte-parole de Google, la plupart des signatures auraient été recueillies avant que l’entreprise n’ait eu l’occasion d’expliquer la situation.

Les employés ont questionné l’implication de leur entreprise dans Project Maven lors d’un rendez-vous pour toute la compagnie.

Diane Green, en charge de la commercialisation du Google Cloud, aurait défendu le projet. Bientôt, Google devrait participer, tout comme Amazon et Microsoft, à un appel d’offres du Département de la Défense portant sur des services dans le nuage pendant plusieurs années, une opportunité chiffrée en milliards de dollars.

Puis Google a présenté le projet comme non offensif par nature. Elle a toutefois refusé de mentionner la partie pertinente du contrat.

Le projet ne servirait pas de base à des attaques par des drones rendus autonomes.

Le projet a pour but d’automatiser la détection et l’identification de 38 catégories d’objets, comme des tanks, des voitures, ainsi que de suivre le déplacement de cibles.

Potentiellement, il pourrait donc être exploité pour améliorer la précision du ciblage d’attaques par drone.

Les États-Unis sont le pays qui a lancé le plus d’attaques par drones. Sous la présidence de Barack Obama, les militaires ont lancé dix fois plus d’attaques que sous le président Bush junior, soit près de 600 frappes, tuant entre 400 et 807 civils, alors que leur précision était qualifiée de ‘chirurgicale’. Une estimation qui ne tient pas compte des morts dans les champs de bataille.

Obama ne s’est jamais excusé pour les dommages collatéraux ou les erreurs, comme le bombardement d’hôpitaux civils. Ou d’un bombardement censé viser Al Quaelda au Yémen, mais décimant à la place une tribu, tuant 55 civils, dont 21 enfants et 12 femmes, la moitié des femmes enceintes.

Rien qu’en 2016, les attaques par drone d’Obama ont tué près de 2 000 personnes au Pakistan, Yémen, Somalie et Afghanistan, dont une centaine de civils.