Fondé en 2017 par Changpeng Zhao, son CEO, et Yi He, Binance est devenu le plus grand échange de cryptomonnaies (en volume d’échange) en janvier 2018.

Il semble l’être resté, à en croire CoinMarketCap, qui n’offre que des statistiques de volume par échange sur 24 heures, suivi de près par OKEx.

L’entreprise viserait un résultat net compris entre 500 et un milliard de dollars sur l’ensemble de l’année (Respectivement environ 425 à 850 millions d’euros).

Une gageure, alors que le cours du Bitcoin a chuté de plus de 52 % en un an: même si le Bitcoin n’est qu’une des cryptomonnaies échangées, elle reste en général la première en volume.

Binance compte plus de 10 millions de clients, la plupart des hommes entre 25 et 35 ans.

Si l’échange a été lancé en Chine, ses serveurs et son siège social sont déplacés au Japon avant que la Chine interdise l’échange de cryptomonnaies en septembre 2017.

Alors que le Japon a durci ses réglementations sur l’échange de cryptomonnaies, Binance a ouvert un bureau à Taïwan, et prévoit des filiales à Malte, et à Jersey.

En mars 2018, Sylvain Ribes, un investisseur et un trader, publie une étude selon laquelle les échanges de cryptomonnaies, en particulier Binance, OKEx et Huobi, falsifient jusqu’à 92,9 % de leur volume d’échanges…

De même que les États oublient vite l’éthique pour offrir les conditions les plus permissives aux expérimentations génétiques, de peur d’être laissés derrière, et de ne pas profiter d’une éventuelle manne financière, on peut craindre que les États oublient rapidement les règles de prudence pour offrir les conditions les plus permissives aux échanges de cryptomonnaies, voire aux levées de jetons, de peur d’être laissés derrière, et pour profiter de la retenue des autres.

Malte se rêve ainsi la capitale de l’Union européenne de la cryptomonnaie, et la Suisse espère devenir une place de marché pour les échanges professionnels de cryptomonnaie, alors qu’il devient plus dur de vivre du secret bancaire.

En France, le rapport Landau, commandé par Bercy, a été remis jeudi dernier. Cet ancien gouverneur de la Banque de France semble prendre une position inverse à celle des autorités européennes de supervision des marchés financiers, de la banque et de l’assurance.

Alors que ces dernières recommandent la prudence, il recommande « d’accepter de vivre temporairement dans une certaine ambiguïté », et ne juge « ni souhaitable ni nécessaire » une régulation directe des cryptomonnaies à l’heure actuelle.