Au salon CES, qui se tient du 8 au 11 janvier 2019 à Las Vegas, Google est venu en force pour présenter son Assistant, et signifier aux vendeurs d’électronique grand public son intention de développer une plateforme pour rivaliser avec celle d’Amazon : Alexa.

Sur son stand, il y a même un petit train pour se promener dans un monde en trois dimensions.

Google affirme qu’au total, plus d’un milliard d’appareils compatibles auront été vendus avant la fin du mois, contre 400 millions il y a un an.

Comme Samsung l’a déjà annoncé, ses nouveaux modèles de télévisions seront compatibles avec l’Assistant Google. Le décodeur numérique Hopper de Dish, une société américaine de diffusion de télévision par satellite, est également compatible.

Bientôt, l’Assistant sera disponible sur les enceintes Sonos, une promesse qui date de plus d’un an.

On pourra s’enregistrer sur un vol de United avec l’Assistant, et avec d’autres compagnies aériennes dans un futur indéterminé.

Un nouveau mode de l’Assistant, le mode interprète, peut traduire des conversations à la volée de et à partir de 27 langues, dont le français. Il est clairement perfectible – lors d’un test, une cliente demande en chinois au concierge de son hôtel où elle peut trouver des casinos et des restaurants à proximité, et l’assistant ne traduit pas le mot casino en anglais. Mais comme Skype Translator avant lui, il aidera les personnes de langue différente à se comprendre.

Les deux annonces les plus importantes, et sans doute les moins tape-à-l’œil, sont :

– L’intégration de l’Assistant dans Google Maps pour iOS et Android ; Google Maps est l’une des applications les plus populaires de la marque, et lui ouvre la porte de l’automobile. Google Maps devient ainsi un cheval de Troie pour partir à l’assaut de la clientèle d’Apple.
Pour faciliter l’intégration de l’Assistant dans la voiture, Google a travaillé avec des entreprises comme Anker et JBL pour développer des hubs qui s’installent dans l’allume-cigare, afin d’offrir une connectivité Bluetooth, une entrée audio 3,5 mm.

Ici comme pour ses enceintes intelligentes, Google n’a pas eu à se creuser les méninges, et a tout simplement copié Alexa.

– Google Assistant Connect est le moyen fourni par l’entreprise pour faciliter le développement de produits tiers intégrant l’Assistant. Les fabricants peuvent développer des produits sur mesure qui servent des fonctions spécifiques intégrées et contrôlées par l’assistant, tel qu’un écran pour afficher des informations ou un bouton pour démarrer des actions.
Les tiers n’ont donc pas à intégrer des enceintes, des micros ou d’autres supports pour l’assistant, ce qui simplifie le développement. Pour que ces petits gadgets fonctionnent, il faudra prévoir un appareil entièrement compatible avec l’Assistant à proximité.
Un exemple de cette nouvelle génération d’appareils est un réveil Lenovo avec écran de quatre pouces de diagonale – environ 10 centimètres.

Cette pluie d’annonces montre aux consommateurs comme aux entreprises d’électronique que Google a bien l’intention de rivaliser avec la plateforme Alexa d’Amazon.

Malgré le succès énorme des enceintes intelligentes de Google, qui ne sont que copies des produits d’Amazon, l’inventeur de cette nouvelle catégorie de gadgets, la partie n’est pas gagnée.

Amazon a su partir de rien pour s’imposer face à Siri, Cortana et l’Assistant Google en développant un écosystème impressionnant, en ouvrant sa plateforme, en facilitant la programmation de Skills (talents, capacités) et en offrant des puces pour faciliter et accélérer les développements.

S’il nous semble que l’intérêt de ces gadgets est trop limité par rapport au risque de l’espionnage 24 heures sur 24, les consommateurs, notamment américains, les ont déjà adoptés.