Elizabeth Warren, sénatrice démocrate, candidate à la présidence des États-Unis, et l’une des femmes les plus influentes du parti démocrate, propose de casser les monopoles numériques tels que Amazon, Google et Facebook.

Elle constate l’énorme concentration des services numériques ces vingt dernières années : Amazon contrôle plus de la moitié du commerce en ligne, plus de 70 % du trafic internet passe par Google ou Facebook.

Elle se lamente de l’inaction des autorités antitrust, et accuse les géants du numérique de limiter la compétition en fusionnant avec la concurrence et en utilisant des plateformes numériques propriétaires.

Pour restaurer la compétition dans le numérique, la sénatrice propose de casser les entreprises, quand elles deviennent trop dominantes, selon la tradition : de Standard Oil à JPMorgan, des réseaux ferrés à AT & T.

Les entreprises avec un chiffre d’affaires de plus de 25 milliards de dollars par an ou plus offrant une plateforme numérique au public ou à des tiers seraient désignées ‘fournisseurs de plateformes’, avec des contraintes spécifiques : interdiction d’être propriétaire d’aucun participant de la plateforme, interdiction de transmettre ou de partager ses données avec des tiers, et obligation d’offrir des conditions justes, raisonnables et non discriminatoires à leurs utilisateurs.

Les entreprises entre 90 millions et 25 milliards de chiffre d’affaires auraient les mêmes obligations envers les utilisateurs, mais ne seraient pas tenues de rester structurellement séparées de tout autre participant de la plateforme.

Une entreprise contrevenant à ses obligations pourrait être poursuivie en justice par les régulateurs, les procureurs des États et les tiers affectés, et recevoir une amende de 5 % de ses revenus.

Le gouvernement de Warren élirait des régulateurs pour casser les fusions illégales et anti-compétitives telles que :

Amazon : Whole Foods, Zappos ;

Facebook : WhatsApp, Instagram ;

Google : Waze, Nest, DoubleClick.

La sénatrice est consciente que cela ne suffirait pas. Il faudrait donner aux gens un contrôle sur la collecte, le partage et la vente de leurs données personnelles, aider les créateurs de contenus à ne pas se faire voler par Google et Facebook, et empêcher les autres pays d’influencer les élections.

On constate que certaines de ses idées sont largement influencées par ce qui se fait dans l’Union européenne. Si l’on peut mettre en question les méthodes proposées, la déclaration de la sénatrice a pour mérite de reconnaître que la situation actuelle n’est pas saine et qu’il faut entreprendre des mesures correctrices, afin que la compétition ne soit plus complètement bloquée.

La portée de cette déclaration pourrait donc dépasser de loin la déclaration politicielle d’un président dans toute la presse européenne.