En décembre 2018, Oracle a traduit les États-Unis, le Pentagone et Amazon Web Services (AWS) devant la United States Court of Federal Claims, pour contester l’appel d’offres de 10 milliards de dollars du Pentagone pour la construction et l’opération de son nuage informatique.

Oracle a argumenté que le choix d’un unique vainqueur, ainsi que les conditions préalables pour participer à l’appel d’offres, étaient contraires à la loi fédérale sur les marchés publics, dont le but principal est de s’assurer qu’il y a une concurrence.

Et qu’il y avait des conflits d’intérêts entre le département de la Défense et AWS.

Le gouvernement affirme que le choix d’un unique partenaire lui permettra de mieux exploiter ses technologies.

Le juge principal Eric G. Bruggink vient de rendre son verdict : comme Oracle reconnaît ne pas avoir rempli les conditions au moment de la soumission de sa proposition, l’entreprise ne peut démontrer de préjudice basé sur d’autres erreurs éventuelles du processus d’appel d’offres.

Il déclare que les conclusions de l’officier en charge de l’appel d’offres selon lesquelles il n’y a eu aucun conflit d’intérêts à l’échelle d’une organisation, et qu’aucun conflit d’intérêts individuel n’a eu d’impact sur le processus, n’étaient ni arbitraires, ni capricieuses, ni un abus de pouvoir, ou d’une manière quelconque contraire à la loi.

Au moins trois anciens officiels du département de la Défense ont des liens avec AWS, qui est considéré comme le favori, mais d’après le gouvernement, aucun n’est un décideur majeur dans ce projet.

Le Pentagone va donc pouvoir choisir son fournisseur parmi les deux derniers en lice : Amazon Web Services et Microsoft Azure, Oracle et IBM ayant été éliminés en avril.

La décision est un échec majeur pour Oracle, qui risque de perdre une partie de ses contrats avec le Pentagone.

Il nous semble que son argumentation n’est pas dénuée de sens. En choisissant un seul fournisseur, le Pentagone ne fera aucun effort pour que ses applications et ses systèmes soient portables d’un fournisseur de nuage à un autre.

Ce qui rend presque impossible que le Pentagone change de fournisseur à l’issue du premier contrat, ou d’un contrat ultérieur.