D’après un document qui aurait été lu par Bloomberg, la Commission européenne enquête sur Libra, le projet de cryptomonnaie de Facebook, et les comportements potentiellement anticoncurrentiels de l’Association Libra.

En particulier, l’impossibilité pour ses rivaux d’exploiter le système de paiement proposé, ainsi que les restrictions potentielles sur les échanges et les utilisations des données des consommateurs.

Cela ferait partie d’une d’enquête initiale typique, durant lequel la Commission collecte des informations.

Facebook fait déjà l’objet d’une enquête sur la façon dont elle utilise peut-être injustement son pouvoir pour faire pression sur les applications rivales.

Le questionnaire sur Libra s’intéresserait du reste sur la possible intégration des applications Libra dans les services de l’entreprise comme Facebook et WhatsApp.

Potentiellement, Libra pourrait devenir une monnaie utilisée par plus de 2,5 milliards d’habitants, contrôlée par une entreprise et non par un État.

Les autres régulateurs européens s’inquiètent aussi, en particulier les agences de protection des données : Facebook pourrait combiner ses vastes quantités d’informations personnelles à des informations financières, tout en contrôlant la monnaie et le système de paiement : qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Théoriquement, Facebook ne lancera pas le projet tant qu’il n’aura pas rassuré les autorités de régulation dans le monde.

Ce qui n’est pas le cas actuellement. Même les membres fondateurs clés de l’Association Libra, comme Visa ou Mastercard, ne se pressent pas pour défendre le projet ou éclaircir leur rôle.

Libra fait déjà l’objet d’une enquête d’une commission sénatoriale aux États-Unis, d’avertissements de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, et a même attiré la suspicion du président Donald Trump.

Et Facebook est, avec les autres grandes entreprises de technologie américaines, l’objet d’enquêtes antitrust de la FTC, du ministère de la Justice, et sans doute d’une vingtaine d’ États.