Uber publie pour la première fois son rapport de sécurité pour les États-Unis, 2017-2018.

En 2017, lors de courses de VTC, 10 personnes ont été assassinées, 49 sont mortes dans des accidents, et 2 936 agressions sexuelles lui ont été communiquées.

En 2018, lors de courses de VTC, 9 personnes ont été assassinées, 58 sont mortes dans des accidents, et 3 045 agressions sexuelles lui ont été communiquées.

Ce dernier chiffre est sans doute bien en deçà de la réalité, puisque la plupart des victimes d’agressions sexuelles ne portent pas plainte – ce qui n’est pas spécifique à Uber.

Le rapport d’Uber répartit les agressions sexuelles en 21 sous-catégories. 235 femmes ont été violées en 2018, à 92 % des clientes.

Il est difficile d’établir des comparaisons. Le concurrent Lyft a également annoncé la production d’un rapport de sécurité, sans que l’on sache quand il sera disponible.

En 2018, 533 agressions sexuelles ont été signalées sur le réseau de transit à la police de New York.

Uber se défend en affirmant que 99,9 % des courses s’effectuent sans risque. Toutefois, même son directeur juridique, Tony West, reconnaît dans un entretien avec le New York Times que :

« Ces chiffres ébranlent et sont difficiles à digérer. »

On peut toutefois faire au moins deux reproches à Uber :

– Le manque de sérieux du contrôle de ses chauffeurs, international du reste. C’est la raison principale pour laquelle l’autorité de régulation de Londres ne souhaite pas renouveler son permis probatoire à l’entreprise américaine ;

– L’équipe en charge de traiter les accidents les plus sérieux d’Uber, la Special Investigation Unit, n’a pas vocation à aider les victimes, mais de s’assurer que les risques juridiques et financiers de l’entreprise sont les plus réduits possible, comme l’a révélé en septembre une enquête du Washington Post. Au minimum, Uber devrait changer le nom de l’équipe et bien spécifier sa mission exacte aux victimes et aux usagers.

On sait aussi que les dirigeants d’Uber font tout pour étouffer les affaires. En Inde, l’entreprise fut portée en justice par une femme violée par un conducteur d’Uber, et parce que ses dirigeants avaient illégalement obtenu son dossier médical et l’avaient malmené. L’entreprise avait dû trouver un accord.

On aurait aimé qu’Uber ne cantonne pas son étude aux États-Unis alors que l’entreprise est active dans 65 autres pays dans le monde.