Pour aider les entreprises mises en difficulté par la crise covid-19, Facebook a souhaité les laisser présenter des événements en ligne et vendre des tickets virtuels dans son appli, et demandé à Apple de renoncer à sa commission de 30 % sur les ventes.

Apple ayant refusé, Facebook avait l’intention d’avertir ses clients dans une note de transparence, qu’Apple prendrait une commission correspondant à 30 % de ces ventes sur les événements en ligne.

Apple lui a interdit de le faire. L’entreprise de Cupertino se base sur la règle de l’App Store qui interdit aux développeurs de présenter des informations « non pertinentes » aux utilisateurs…

En d’autres termes, alors qu’il est obligatoire dans tous les pays de donner pour toute commande le détail des taxes, qui constituent généralement moins de 18 % du total, le consommateur n’a pas à savoir que 30 % du prix, soit presque le double des taxes, est perçu directement par Apple.

Pour une fois, on doit bien se ranger du côté de Facebook : en quoi le montant de la commission que s’offre Apple sur un marché sur lequel elle détient un monopole, n’est-il pas pertinent pour le consommateur ?

Malgré toutes les enquêtes antitrust en cours contre elle, dans le monde entier, y compris aux États-Unis, Apple reste inflexible sur ses pratiques d’affaires les plus douteuses.

L’entreprise a sans doute tristement raison : les législateurs ont tant de mal à actualiser les lois sur la concurrence et sur l’abus de position dominante pour l’ère du numérique, les cours de justice on tant de mal à comprendre la portée des abus sur les brevets essentiels pour les standards, et les autorités irlandaises laissant les entreprises américaines et hors UE violer le RGPD au détriment de tous les Européens du moment que cela lui rapporte quelque chose, les entreprises ont tout intérêt à mépriser les lois aussi longtemps que possible, et laisser leurs futures directions faire traîner des actions en justice éventuelles des dizaines d’années.