Google vs Federal Trade Commission (FTC)

Google abuse de sa position dominante dans les moteurs de recherche pour affaiblir les compétiteurs avec des pratiques anti-compétitives.

Aux Etats-Unis, où la firme a une part de marché de 82,5 %, la FTC avait confondu les observateurs en décidant en janvier 2013, après deux ans d’enquêtes, que la manipulation des résultats de recherche pour privilégier ses propres services était légale.

D’après Leibowitz,

« Bien qu’il y ait des preuves que Google essaie d’éliminer la compétition », la raison principale de manipuler les résultats est ‘d’améliorer l’expérience utilisateur », donc c’est d’accord…

La FTC a quand même eu la décence de reprocher à Google de voler les informations de ses compétiteurs, comme Yelp, et de les faire passer pour les siennes.

 

Google vs Commission Européenne

En Europe, où Google a une part de marché de 92,8 %, les choses se sont un tout petit peu moins bien passées, puisque la Commission Européenne, qui enquêtait depuis novembre 2010, a demandé à Google de lui proposer un certain nombre de changements si elle voulait éviter des sanctions. Par deux fois elle a fait des propositions qui n’ont pas convaincu la Commission. Mais la troisième fut la bonne et Joaquín Almunia soumettait les propositions à la critique des compétiteurs en février dernier.

Elle a reçu une vingtaine de réponses négatives de compétiteurs qui pensent que les mesures proposées ne serviront à rien, voire accentueront le monopole de Google.

 

Yelp

Joaquín Almunia, le Leibowitz européen?

Joaquín Almunia, le Leibowitz européen?

Hier, le New York Times révélait que le service de recherches locales Yelp avait bien envoyé une réponse à la Commission en juin pour faire connaître ses objections à l’accord. Le CEO de Yelp avait même écrit directement à Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne et le chef de Joaquín Almunia, pour exprimer ses inquiétudes quand à la façon dont se déroulaient les procédures antitrust.

« Je crains vraiment que le champ de l’innovation en Europe soit infertile, et c’est une conséquence directe des abus de position dominante entrepris par Google. »

En dépit des nombreuses critiques, il semble que l’accord, qui ne semble plaire qu’à Joaquín Almunia, qui avait déjà fait comprendre en février dernier qu’il voulait boucler le dossier avant son départ à l’automne, sera confirmé.

D’après le New York Times, le 11 juin, Joaquín Almunia aurait informé ses collègues qu’il entendait rejeter les 20 plaintes légales, une étape juridique nécessaire à un accord antitrust.

Il a refusé de confirmer si la plainte de Yelp faisait partie du lot.

 

Documents fuités

Aujourd’hui, Techcrunch a reçu des documents fuités de Yelp qui montrent pourquoi le moteur de recherche s’est plaint.

Google manipulerait ses résultats en Europe pour amadouer la Commission.

La même recherche d’hôtels à San Francisco, effectuée de Belgique ou des Etats-Unis donne des résultats complètement différents.

En Belgique, on remarquera Google Maps et une liste d’hôtels sponsorisée par Google, plus les résultats habituels de recherche.

 

Recherche de Belgique (Source: TC)

Recherche de Belgique (Source : TC)

Aux Etats-Unis en revanche, on ne peut voir que très peu de résultats de recherche. Tout l’espace est pris par des parties Google : Google Maps est 2 à 3 fois plus grande que sur la page belge, un énorme carrousel proéminent noir indique les critiques Google+

Même recherche, mais d'un ordinateur aux US (Source: TC)

Même recherche, mais d’un ordinateur aux US (Source : TC)

En cliquant sur un lien, la colonne sous la carte Google Maps affiche les détails avec des liens pour réserver un hôtel avec Google, trouver un itinéraire avec Google Maps, écrire une critique avec Google+ et explorer des recherches liées.

Du coup, il n’y a pratiquement plus de place pour du contenu non Google :

Des détails qui ne laissent aucune place aux autres

Des détails qui ne laissent aucune place aux autres

 

Le deuxième document fuité est une étude du traitement de Yelp par le moteur de recherche.

Quand une personne recherche un nom de restaurant plus Yelp, comme « Fouquet’s Yelp », c’est clairement qu’elle cherche la page de Yelp se rapportant au restaurant.
Pourtant, dans une recherche aux Etats-Unis, dans 20 % des cas, le premier résultat sera la page du restaurant, et des boutons Google pour écrire une critique Google+ ou voir des notations de Google Places et bien sûr un lien vers Google Maps.

Qui plus est au bout d’un moment il semble que Google s’aperçoive du test et retourne la réponse attendue. Mais la recherche d’un autre nom de restaurant ignore systématiquement Yelp.

 

TechCrunch : Confidential Yelp User Behavior Study On Google Results

La question qui se pose à la Commission Européenne, outre le double visage de Google, est de savoir si Google en ne répondant pas correctement aux recherches des utilisateurs est vraiment un service pour ce dernier, ou si c’est une violation des lois antitrust pour faire disparaître les concurrents.