Malgré un quasi monopole du système d’exploitation mobile Android dans le monde, Google serait en train de perdre la bataille des pays émergents.

La filiale d’Alphabet s’est reposée trop longtemps sur les lauriers de son navigateur Web Chrome.

A sa sortie en 2008 sur PC, il a détrône Internet Explorer, en quasi monopole et sans développement majeur depuis des années, en apportant des bénéfices immédiats comme la rapidité et la gestion optimisées de la mémoire. En 2012, il faisait son apparition sur Android.

C’est exactement la même stratégie qu’Alibaba utilise avec son navigateur, nommé UC Browser, souvent utilisé dans des pays émergents avec des services mobiles inégaux, sur des smartphones d’entrée de gamme.

Le navigateur serait plus rapide, consommerait moins de mémoire, et serait plus beau que Chrome. Résultat: 430 millions d’utilisateurs dans le monde, soit 51 % de parts de marché en Inde et 41% en Indonésie, pour ne citer que deux pays, d’après les statistiques de StatCounter.

UC Browser nécessite 31 mégaoctets de stockage, contre 125 pour Chrome.

UC Browser ne domine pas son marché natal de la Chine, où Chrome domine avec 54 % de parts de marché, contre 17 % pour UC Browser. Ce n’est pas tout à fait une surprise, car les consommateurs chinois préfèrent les modèles milieu et haut de gamme de smartphones, et bénéficient de bon services mobiles.

Google contre attaque avec son initiative Next Billion Users, et des dizaines d’optimisation pour Chrome visant spécifiquement les marchés émergents.

Etre le navigateur de choix est un atout de taille, car il permet d’influencer le choix des services en ligne utilisés. Alibaba peut ainsi promouvoir son moteur de recherche et ses services de vidéo, plutôt que le moteur de recherche Google ou YouTube.

Alibaba devra toutefois conserver la confiance de ses utilisateurs sur la façon dont il stocke, traite et exploite leurs données personnelles, un domaine où les entreprises chinoises n’ont pas toujours bonne presse.