En 2014, Apple a lancé le projet Titan, qui devait être à l’automobile ce que l’iPhone est au téléphone : une réinvention.

Au sommet de son activité, secrète comme toujours chez Apple, l’entreprise aurait eu près de 1 000 ingénieurs, la plupart débauchés des constructeurs automobiles traditionnels (Mercedes) comme des jeunes pousses de véhicules autonomes (Tesla).

Apple aurait même cherché à racheter McLaren et Lit Motors.

Depuis, le projet aurait subi revers sur revers, pour trois raisons.

La première : En 2016, après l’explosion des dépenses et des budgets, l’entreprise californienne aurait décidé de se concentrer sur les systèmes d’aide à la conduite automobile, plaçant Bob Mansfield, un vétéran d’Apple, à la tête de la division, et se séparant de centaines d’ingénieurs.

La deuxième : le changement de cap incessant de l’entreprise aurait démotivé ses équipes, avec des centaines d’ingénieurs quittant volontairement Apple, ce qui a fait perdre beaucoup de temps à Apple.

La troisième : Apple aurait eu des exigences irréalistes, proposant à un constructeur automobile après l’autre de lui donner toutes ses données sur les voitures et sur les conducteurs, en échange de quoi Apple leur fournirait un système de conduite autonome sous forme de boîte noire, à installer dans leurs voitures. Bien évidemment, aucun constructeur automobile n’a accepté.

Ce n’est que dans un entretien télévisé à l’occasion de la WWDC 2017 que Tim Cook, le CEO d’Apple, confirma publiquement qu’Apple travaillait sur les voitures autonomes.

Malgré une taille et un poids financier tel quel l’entreprise pourrait racheter du jour au lendemain Toyota ou Volkswagen, Apple aurait réduit ses ambitions à peau de chagrin.

Elle aurait demandé à Volkswagen, qui n’était pas son partenaire désiré – Apple aurait préféré travailler avec BMW ou Mercedes – de transformer ses camionnettes T6 Transporter en navettes autonomes électriques, afin de transporter ses employés sur son campus.

Volkswagen, empêtré dans l’affaire Dieselgate, aurait alors immédiatement saisi l’opportunité de travailler avec Apple.

Apple se concentrerait donc sur l’interface utilisateur et les logiciels d’interaction de la navette.

Apple a bien une cinquantaine de véhicules autonomes Lexus en test en Californie. En nombre de kilomètres parcourus dans cet état, Apple est toutefois bien loin de Waymo, de General Motors et même de Baidu ou de Nissan. Apple commence en Californie quand la plupart des constructeurs ont déjà étendu leurs tests à plusieurs États.