Broadcom vient d’annoncer la signature d’un accord pour acquérir CA Technologies pour 18,9 milliards de dollars (16,2 milliards d’euros), une prime de 23 % sur le cours moyen de l’action de cette dernière lors des 30 derniers jours.

La transaction, entièrement en numéraire, devrait se clore au quatrième trimestre 2018, après avoir reçu les autorisations des autorités antitrust dans le monde, et de l’accord des actionnaires de CA Technologies.

Le cours de l’action CA bondit de 16 %, et le cours de l’action Broadcom baisse de 5,5 %.

La transaction surprend, puisque par suite de l’échec de son offre publique d’achat hostile sur Qualcomm, Broadcom était censé éviter les grandes acquisitions et retourner des fonds aux actionnaires par augmentation du dividende et rachat d’actions.

Hock Tan, le CEO de Broadcom déclare : *

« Cette transaction est une pierre angulaire importante pour la création de l’une des principales sociétés de technologie d’infrastructure au monde. Grâce à sa base de clients installée importante, CA occupe une position unique sur le marché en croissance et fragmenté des logiciels d’infrastructure, et ses franchises de logiciels pour ordinateurs centraux et entreprises s’ajouteront à notre portefeuille d’activités technologiques critiques. Nous avons l’intention de continuer à renforcer ces franchises pour répondre à la demande croissante de solutions logicielles d’infrastructure. »

En dehors de la logique financière – acheter une entreprise avec des marges brutes encore plus élevées que les siennes – on peut se demander si la fusion a un sens.

Broadcom est un fabricant de puces électroniques, CA Technologies, jadis connue sous le nom Computer & Associates, est un éditeur qui loue ou qui vend des logiciels pour ordinateurs centraux (mainframes), un marché très lucratif mais à l’avenir limité, et une série de logiciels d’entreprises assemblés à grand renfort de fusions et acquisitions.

A priori, il n’y aura pas de synergie ni d’intégration entre les deux entreprises, aux clientèles bien différentes.

Broadcom, lui-même un champion de la croissance externe, va lever 18 milliards de dollars (15,4 milliards d’euros) de dette pour financer cette acquisition.

Lors de son dernier exercice fiscal se terminant en mars, le chiffre d’affaires de CA Technologies a augmenté de 5 % par rapport à l’exercice précédent à 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros), et son résultat net a chuté de 39 % à 775 millions de dollars (663 millions de dollars).

 

* Traduction: Le Diligent