Les promesses de Facebook n’engagent que celles et ceux qui les croient.

En mai, durant la conférence pour développeurs F8, Mark Zuckerberg, alors empêtré dans le scandale Cambridge Analytica, annonça en grande pompe une nouvelle fonctionnalité de protection de la vie privée : Clear History, permettant aux utilisateurs de retirer l’historique de navigation lié à leur profil Facebook : l’entreprise ne lierait plus les applications et les sites webs fréquentés quand l’utilisateur n’est pas en train de fréquenter Facebook.

Dans une publication, il en rajoutait une couche :*

« C’est un exemple du type de contrôle que nous pensons que vous devriez avoir. C’est quelque chose que les défenseurs de la vie privée demandent, et nous travaillerons avec eux pour être sûr que nous le ferons bien. »

Erin Egan, en charge de la vie privée chez Facebook, avait alors promis la fonctionnalité dans quelques mois.

Facebook vient de confier à Recode qu’il faudra patienter encore quelques mois : les tests devraient commencer au printemps 2019.

Au minimum, il faudra donc attendre un an entre la promesse et sa réalisation, alors que l’entreprise répète à l’envi que les données utilisateurs et la vie privée sont sa priorité absolue.

Le retard serait dû à des problèmes techniques. De même que la violation de la vie privée est toujours involontaire et liée à des bogues d’après le réseau social… Qui n’a en revanche jamais de difficulté à facturer les annonces publicitaires illico presto.

Et pourtant, il s’agit d’une fonctionnalité limitée. Contrairement à ce que comprendront sans doute la plupart des utilisateurs, il ne s’agit pas d’effacer du serveur de Facebook les historiques d’utilisation des sites webs et des applications de personnes qui ont un profil Facebook, un historique collecté même s’ils ne fréquentent jamais le réseau social.

Il s’agit juste de dissocier ces données du profil. C’est pourquoi Facebook utilise le terme Clear history plutôt que Delete history, une nuance difficile à traduire.

Malheureusement, comme on a pu le constater lors de la confrontation de Zuckerberg devant le Congrès américain, les politiciens ont une compréhension des plus limitées des agissements de l’entreprise et de ses conséquences sur les internautes.

Quant aux autorités européennes, elles avaient cru bon d’autoriser Zuckerberg à ne répondre qu’à son bon vouloir aux questions des députés européens.

Comme il est pratiquement impossible pour la plupart d’entre nous de refuser d’avoir un compte Facebook, à cause de toutes les connaissances qui présument que tout le monde en a un, nous recommandons au lecteur soucieux de sa vie privée de toujours se déconnecter des services de Facebook après chaque utilisation, et d’utiliser des applications ou des extensions de navigateur pour bloquer le pistage le reste du temps.

 

 

* Traductions: Le Diligent