Cette semaine, Amazon, le numéro un du commerce en ligne a doublement choqué.

D’une part, on apprend que malgré des bénéfices records en 2018 de 11,2 milliards de dollars (9,9 milliards d’euros), soit le double de 2017, Amazon ne paiera, encore une fois, pas un sou d’impôt sur les sociétés aux États-Unis. L’entreprise va même recevoir un avoir fiscal de 129 millions de dollars : son taux réel d’imposition est donc de -1 %

Officiellement, le taux d’imposition sur les sociétés est passé de 35 à 21 % avec Donald Trump. En échange de ce cadeau fiscal considérable, les entreprises américaines devaient devenir de meilleurs citoyens. Il n’en est rien, les grandes entreprises comme Amazon exploitent plus que jamais toutes les échappatoires fiscales.

Ce sont les petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas les moyens d’engager des armées d’avocats fiscalistes et de créer des holdings dans les paradis fiscaux, qui paient l’impôt de façon disproportionnée par rapport aux grandes entreprises.

D’autre part, comme soupçonné, Amazon ne construira finalement pas un campus devant employer 25 000 personnes dans les dix ans à New York, avec un héliport pour Bezos sur le toit, puisque le cadeau de 3 milliards de dollars d’argent public, soir 120 000 dollars d’aide au minimum par poste « créé » n’avait pas encore été confirmé.

Le gouverneur et le maire de New York étaient dans l’embarras, alors qu’il a été révélé que, l’entreprise qu’ils ont construite et équipée à Buffalo pour 750 millions de dollars et offerte à Tesla, en échange de son engagement de créer 1 500 postes d’ici avril 2020. Or l’usine n’emploie que 700 personnes, dont la moitié par Tesla, qui vient d’annoncer une suppression de 7 % de sa main-d’œuvre.

Pour mémoire, Amazon se bat à Seattle, où se trouve son premier siège social, contre un impôt pour financer des services aux sans-abri et des logements sociaux, alors qu’il lui est largement reproché d’avoir contribué à l’explosion des prix de l’immobilier et du problème des sans-abri.