Machine à pertes

Une source confidentielle de Bloomberg affirme que les pertes de Uber, la jeune pousse de taxis et de véhicules de transport avec chauffeur, ne cessent de croître.

Uber aurait perdu 1,46 milliard de dollars (1,23 milliard d’euros) à au troisième trimestre, contre 1,06 milliard de dollars (896 millions d’euros) au deuxième trimestre : une hausse de 38 %. Dans le même temps, les réservations brutes auraient augmenté de 11 % à 9,71 milliards de dollars (8,2 milliards d’euros), et le chiffre d’affaires aurait progressé de 21 % à 2,01 milliards de dollars (1,70 milliard d’euros).

Ces données auraient été fournies aux actionnaires, et au consortium d’investisseurs potentiels menés par SoftBank, cherchant à acquérir 14 % de Uber pour 6 milliards de dollars (5 milliards d’euros), ce qui représente une baisse de 30 % de la valeur de l’entreprise par rapport au dernier tour de financement*.

 

WayMo

Il se passe rarement quelques jours sans que Uber illustre son mépris de la loi et son absence de toute éthique.

La semaine dernière, on apprenait que Uber avait dissimulé pendant plus d’un an aux autorités et aux victimes le piratage massif de données personnelles de clients et de chauffeurs.

Aujourd’hui, on apprend par Reuters que, dans l’affaire juridique qui l’oppose à WayMo, Uber a caché à l’accusation une lettre de 37 pages de l’avocat d’un ancien analyste de sécurité de Uber, Richard Jacobs.

WayMo accuse Uber d’avoir volé sa propriété intellectuelle sur des techniques de voitures autonomes.

Dans cette lettre, Jacobs, qui a été remercié de Uber en avril dernier, mais travail toujours pour l’entreprise en tant que consultant, affirme que Uber a formé ses employés au vol de secrets industriels et à ne pas laisser de trace.

Une de ses division, marketplace analytics, « existerait expressément pour le but d’obtenir des secrets industriels, du code source et des renseignements sur la concurrence. »

Uber aurait dû transmettre cette lettre à WayMo il y a des mois, comme tous les documents similaires.

William Alsup, le juge fédéral en charge de l’affaire, a appris l’existence de la lettre par le U.S. Department of Justice, quelques jours avant le début du procès avec jury.

Le procès est donc repoussé d’une semaine, à la demande de WayMo.

Alsup est furieux contre Uber, auquel il ne veut plus faire confiance. Il avait déjà dû reporter le procès de plusieurs semaines en octobre, et réprimander ses avocats, qui avaient attendu le dernier moment pour transmettre des milliers de courriels à WayMo.

 

*  Ce qui reste à notre avis une surestimation de 100 % de la valeur de l’entreprise.