Apple fut suspectée pendant des années de ralentir ses ordiphones avec les nouvelles versions du système d’exploitation iOS, afin de les inciter à acheter les nouveaux modèles d’iPhone.

Contrainte par des preuves, l’entreprise californienne avait dû reconnaître en décembre 2017 que c’était effectivement le cas, mais présentant le ralentissement obligatoire et passé sous silence comme une fonctionnalité permettant de limiter le nombre de redémarrages ou plantages intempestifs de ses ordiphones à mesure que leurs batteries se détérioraient.

Fait rarissime, Apple publia le 28 décembre une lettre d’excuse sur son site (aujourd’hui disparue et remplacée vers un lien sur le support technique), dans laquelle elle annonça une baisse du prix du remplacement d’une batterie hors garantie sur tout iPhone 6 ou supérieur pour 29 euros au lieu de 89 euros, durant toute l’année 2018, ainsi qu’une mise à jour d’iOS avec de nouvelles fonctionnalités pour faire apparaître à nouveau l’état d’usure de la batterie de l’iPhone, afin que l’utilisateur puisse se rendre compte de ses effets sur le fonctionnement de l’appareil.

Aujourd’hui, on sait que lors d’un rendez-vous interne le 3 janvier 2019, un jour après avoir averti ses actionnaires qu’Apple allait largement manquer ses prévisions de résultat trimestriels, Tim Cook aurait indiqué aux employés que 11 millions de batteries d’iPhones avaient été changées en 2018 dans le cadre du programme, alors qu’ils n’avaient anticipé que 1 à 2 millions d’échanges.

Si c’est bien le cas, on peut en déduire que la débâcle du ralentissement a coûté fort cher à Apple. Directement, puisque le coût de remplacement de 29 euros n’a sans doute pas couvert les frais d’installation pour Apple.

Indirectement en ventes perdues. À supposer que la moitié des clients affectés aient opté pour l’achat d’un nouvel iPhone, et en se basant sur le prix moyen de vente de 793 dollars au quatrième trimestre de son exercice fiscal 2018, le manque à gagner s’élève à plus de 4,3 milliards de dollars.

En revanche, et même dans le pire des cas, le programme de remplacement de batteries ne saurait en aucun cas expliquer la révision des prévisions de ventes pour le dernier trimestre, puisqu’Apple connaissait déjà en grande partie son impact quand elle écrivit ses prévisions.